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 Thérèse

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Madison Foster

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Date d'inscription : 06/01/2008

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MessageSujet: Thérèse   Mar 11 Nov - 16:27

    Mes yeux suivirent sa main jusqu'à la poignée. Dans quelques secondes, je serais dehors, face à l'inconnu. Mon avocat finit par ouvrir la porte. Blottie dans ce couloir dérobé du palais de justice, j'hésitais à sortir. La peur d'être attendue me paralysait totalement, m'empêchait de faire le moindre mouvement. Finalement, après avoir aspiré une grande bouffée d'air frais, je sortis dans la rue. Non loin d'ici, mon père m'attendait. Exactement ce que je redoutais. Comme une statue de glace, je descendis les marches mouillés, après que mon avocat m'ait assuré qu'il n'y avait personne. Jetant des regards à droite, à gauche, je remarquais en effet que la petite place était déserte, mais cela ne me rassura pas pour autant : mon père était maintenant face à moi. Il ne me regarda même pas, toute son attention était portée sur mon avocat qui me suivait. Pas même un baiser ou un sourire, quelque chose qui aurait pu me faire comprendre que tout allait bien. Rien. Il n'avait pourtant pas l'air en colère, quelque chose clochait, mais quoi ?
    Comme dans un rêve, ils se mirent à converser, comme si je n'existais pas. Ils murmuraient, on aurait dit qu'ils avaient peur d'être épiés. Ils savaient pourtant que nous étions seuls, pourquoi ne haussaient-ils pas la voix ? J'entendais confusément leurs propos, pourtant, je n'avais pas la force de m'intéresser vraiment à cette discussion. Après tout, le procès était terminé, fallait-il vraiment le refaire pendant des heures ?

    -"Je recevrais demain...
    -Vous savez Laroque, dans ces sortes d'affaires, le témoignage de la victime..."

    Je fronçais les sourcils, et m'écriais brusquement : "Il n'y a pas eu de victime". Je n'étais pas coupable, il n'y avait pas eu de meurtre. Donc pas de victime, c'était évident. Je sentais bien que ces paroles sonnaient aussi faux que la réponse de mon avocat, mais je n'étais plus à cela près : au fil des années, j'avais appris à me cacher la vérité, à l'enfouir au plus profond de moi et à ne jamais la déterrer. C'est ce qui allait se passer aujourd'hui.

    -"J'ai voulu dire : victime de son imprudence, madame".

    Il s'était plutôt bien rattrapé. Même si je n'étais pas satisfaite, je ne rajoutais rien. J'avais également appris à me taire, à être discrète. Et je n'avais pas la force de répliquer, je voulais juste que tout cela se termine une bonne fois pour toute. Je baissais les yeux lorsque les deux hommes se tournèrent vers moi pour m'observer un instant. Je devais faire pâle figure : immobile et serrée dans mon manteau. Mon visage n'exprimait rien, aucune émotion. J'étais seulement vide de toute énergie et même si leurs regards insistants m'agaçaient, je ne laissais rien paraître. Finalement, comme la situation s'éternisait, je finis par ouvrir la bouche :

    -"Où est garée la voiture ? J'ai un peu froid."

    C'était moi qui venais de parler, mais mon père répondit en regardant mon avocat. Une fois de plus, il évitait soigneusement tous mes regards. La voiture attendait sagement sur la route de Budos, en dehors de la ville. Je retins à sourire moqueur : garer la voiture le plus loin possible pour ne pas attirer l'attention, c'était bel et bien le genre d'attitude que mon père avait. Mais je ne pouvais pas lui en vouloir, je savais pertinement qu'il le faisait pour mon bien, pour me protéger. Si seulement il pouvait se montrer plus chaleureux à mon égard...
    Nous commençâmes à marcher à travers la place. Le temps humide d'automne ne me dérangeait pas, j'aimais regarder les feuilles de platanes, collées aux bancs trempés de pluie. J'entendais de nouveau leurs voix comme si ils se trouvaient à des kilomètres de moi. Je marchais devant eux

_________________

    I'll come back,
    when you call me.
    No need to say goodbye.
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